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Post'it du Jour

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26 octobre 2009

Un truc pour ...

Vous savez, il existe toujours un truc pour se rappeler un truc encore plus compliqué. En un mot, c'est un procédé mnémotechnique.

J'ai en ai appris un récemment qui aurait pu vous être fort utile ce week-end. J'ai oublié de vous le donner. Nous avons changé d'heure et tous les six mois se pose toujours la même question : on avance ou on recule. C'est simple comme bonjour :

  • En AVril, tu AVances
  • En octobRE, tu REcules

Et, il en existe des "trucs" comme cela. Allez, je vous en livre quelques-uns qui me reviennent à l'esprit :

Pour les propositions de coordination : Mais où est donc Ornicar ?

Pour le nombre PI : "Que j'aime à faire apprendre ce nombre utile aux sages ! " et en comptant les lettres de chaque mot, vous aurez 3,1415926535 - j'en entends déjà me dire "Ah, c'est vachement utile !"

Et pour la troisième ligne de la classification des éléments chimiques ( alors, les mêmes que pour PI vont bientôt quitter le blog!! ) : "Napoléon Mangea Allégrement Six Poulets Sans Claquer Argon" et vous les retenez les Na - Mg - Al - S - P - Cl - Ar. Je vous l'accorde : on ne s'en sert pas tous les jours ...

Pour retenir le nombre de R dans mourir et nourrir, et bien on ne meurt qu'une fois et on se nourrit plusieurs fois.

Pour terminer, n'oubliez pas les amis de mes amis sont mes amis ou les ennemis de mes ennemis sont mes amis etc ...  Attention, ce n'est valable qu'en algèbre car, en politique, j'émettrai des réserves car il y a parfois des alliances qui ne respectent pas la logique des mathématiques.

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25 octobre 2009

Cafouillage à l'assemblée

"Et le spectacle continue ..." tel était le titre d'une chanson de Gilbert Bécaud. Aujourd'hui, l'on pourrait reprendre avec "Et le cafouillage continue ..."

Au printemps dernier, le projet de loi sur le téléchargement illégal avait été repoussé par 21 voix contre 15 . Le texte avait dû être soumis à nouveau - les députés UMP n'étaient pas assez nombreux ce soir là.

Vendredi dernier, l'assemblée doit voter une taxe additionnelle sur les banques.

Mme Lagarde (vous savez cette grande dame qui ne connait que le 16° et Manhattan) y est fortement opposée.

Les pauvres banques se verraient taxer de 10 % sur leurs bénéfices - cet amendement a été proposé par le Président (socialiste) de la Commission des Finances et soutenue par le Nouveau Centre et quelques UMP.

Résultat du vote : 44 pour et 40 contre ..... Ils étaient encore bien nombreux nos chers députés !!!!

Il y en aurait deux qui se seraient trompés !!!!! Franchement, vous y croyez !!! et Oui, 44 moins 2 égal 42 et 40 plus 2 égal 42 .... Au gouvernement, ils savent compter eux ....

Parmi les deux "fautifs", nous trouvons  Jean-François Lamour, double champion olympique d'escrime ... heureusement qu'il visait mieux à l'époque !!!!

Franchement, si j'avais voté pour un député UMP, je m'inquièterai .... soit il est absent soit il se trompe en votant .... Ils vont encore se prendre "une avoinée" par le Président ... les pauvres .

24 octobre 2009

Pauvre Petit Jean

Vous avez vu comme il est devenu mignon et sérieux tout à coup le fifils à son papa.

Il s'est fait couper les cheveux : avait-il peur de la chanson "Cheveux longs et idées courtes ..." ?

Il est devenu myope ou .... enfin il porte des petites lunettes ... sont-elles vraies ou fausses ?

Il fait vraiment sérieux le petit Jean ... un vrai petit communiant !!!

Il apprend bien ses leçons avant de passer à la radio ou à la télévision .... et il a bien réfléchi, il n'en a pas parlé avec le Président mais il en a discuté avec son papa et là ils ont décidé de jeter l'éponge.

Ah c'est dur d'être le fils de son père !!!!

Mais au fait, pourquoi tant d'acharnement à vouloir ce poste qui finalement n'est qu'honorifique ... enfin on ne sait pas très bien. Mais alors qui mettre à la place de ce pauvre Monsieur Devedjian qui a atteint les 65 ans fatidiques et bien Mr Devedjian lui-même car il semblerait que l'on pourrait ressortir un vieux projet de loi qui permettrait de pousser jusqu'à 71 ans ....

Et on veut nous faire croire que ce poste n'est pas crucial ..............

23 octobre 2009

Comment vivre avec ...

L'autre jour, je me suis livré à une petite étude. J'ai repris des chiffres (Source INSEE) de 2006 (en 2009, la situation ne s'est pas améliorée ... loin de là).

Quelles sont les dépenses annuelles moyennes par ménage de 25 à 34 ans :

Pain et céréales 741,00 €
Viandes 734,00 €
Poissons, fruits de mer 153,00 €
Lait, Fromages, œufs 522,00 €
Huiles, graisses 56,00 €
Fruits 156,00 €
Légumes 297,00 €
Sucres, Cacao 230,00 €
Autres 187,00 €
Café, thé, cacao 78,00 €
Eaux minérales, jus 204,00 €
Divers 384,00 €
Cantines, restaurants 1 663,00 €
Total Alimentation 5 404,00 €
Habillement 2 690,00 €
Logement 5 693,00 €
Ameublement 200,00 €
Santé 805,00 €
Transports 4 750,00 €
Communications 1 214,00 €
Loisirs culture 2 452,00 €
Enseignement 76,00 €
Autres biens services 3 791,00 €
Impôts, taxes 7 550,00 €

soit la modique somme de 36426 €. En 2006, la salaire moyen est de 31000 € - un ouvrier gagne 22500 € et un employé 21500 €.

Il faut donc économiser entre 15.000 et 5000 € par an !!!!  ..... D'accord, ce sont des chiffres de 2006 mais croyez-vous qu'en 2009 ils ont évolué dans le bon sens !!!!!

Vous avez sûrement remarquer que les trois postes - alimentation, impôts et logement - représentent 51 % des dépenses mais 86 % du salaire d'un employé et 60 % d'un salaire moyen.

Certains vont me rétorquer mais dans un couple .... les deux peuvent travailler .... d'accord et les frais de garde .....  et la qualité de vie ..............................

22 octobre 2009

La lettre de Guy Môquet

Le 21 octobre 1941, Guy Môquet, jeune résistant communiste de 17 ans, écrira cette dernière lettre adressée à ses parents.

Le lendemain, il sera fusillé avec 26 autres otages.

Nicolas Sarkozy décida au lendemain de son élection que cette lettre devait être lue dans les lycées.

  • Pourquoi ce caractère obligatoire ?
  • Pourquoi ne pas demander tout simplement aux professeurs d'histoire de parler de cette période et de ses violences et de lire, à cette occasion, cette lettre très émouvante ?
  • Ce n'est pas par une intervention, même d'une heure, que l'on peut expliquer ces années de notre histoire ?
  • Ne faudrait-il pas d'ailleurs en profiter pour étendre la discussion à toutes les violences et les horreurs de notre 20° siècle?
  • Et des guerres d'Indochine, d'Algérie qu'en dit-on en classe ?

Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré
mon petit papa aimé

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.

Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.

17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.

Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d’enfant. Courage !

Votre Guy qui vous aime

Guy

Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !

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21 octobre 2009

Conditions de travail ...

Il y a quelques années quand on parlait de travail pénible, on pensait exclusivement à la pénibilité physique : porter des charges lourdes, travailler dehors quelque soit le temps, tenir des cadences infernales au pied d'une machine, travailler dans des atmosphères polluées ...

Aujourd'hui, une nouvelle pénibilité fait son apparition plus sournoise et sûrement plus dangereuse car psychologique.

Les chefs ne savent plus gérer leur équipe que d'une seule manière : on met la pression, vous devez être polyvalents ...

Regardez ce qui se passe chez France Télécoms, Renault ou au Pôle Emploi pour ne citer que les plus connus.

Hier matin, j'entendais un reportage sur les conditions de travail dans les pôles emploi (vous savez cette nouvelle structure qui regroupe l'A.N.P.E et les ASSEDIC). On a réussi à créer une "administration" qui ne satisfait ni l'usager ni le personnel. Et pour cause ...

Comment peut-on demander à des conseillers de faire du rendement quand leur "job" est de recevoir, conseiller, calculer des indemnités ... Ils doivent recevoir tant de "clients" par jour.
Une personne au chômage qui vient au pôle est un client, maintenant !
Et oui un beau matin, il se dit je vais devenir chômeur et ainsi j'irai au Pôle emploi.
Continuons comme cela et bientôt ce sera celui qui vient chercher du réconfort qui réconfortera celui qui est censé lui en donner.

Arrêtons cette spirale infernale.

Dans les années 80, j'ai suivi, dans le cadre de la formation continue, un stage qui devait permettre de trouver son épanouissement dans le travail .... Ce stage fut des plus intéressants d'une part par l'auditoire qui le composait et surtout par la personnalité de l'intervenant. Un seul bémol, la conclusion était que l'homme n'était pas fait pour le travail. Ce sont les besoins qu'il s'est créé au fil du temps qui l'oblige à travailler ....

20 octobre 2009

S.L.C .... Salut les Copains

Vous vous souvenez ... il est 17 heures (si ma mémoire est bonne) .... et sur Europe 1 ... vous pouvez entendre S.L.C. Salut les Copains ..

Tous les jeunes sont là, l'oreille scotchée au transistor ... qui va être le "chouchou de la semaine" : Clo-Clo, Françoise (Hardy bien sûr) , Johnny Hallyday, Frank Alamo, Sheila, Richard Anthony, les Beatles, Sylvie Vartan, les Rolling Stones .... Il aura vendu 1 million de disques ... l'heureux élu.

Et oui, il y a eu 50 ans ... du 19 octobre 1959 jusqu'à l'été 1968 : dix ans de succès pour ce premier programme pour les jeunes.  Pour les Yéyés comme on les appelait ... ces jeunes qui ne disent plus bonjour mais Salut. On se tutoie à l'antenne ... c'est la génération transistor (c'était un peu plus encombrant qu'un MP3 mais on pouvait l'emmener avec soi ....)

C'est sous l'impulsion de Lucien Morisse, le Directeur d' Europe 1, que Daniel Filipacchi et Franck Ténot vont bouleverser le paysage radiophonique avec Salut les Copains.

200.000 jeunes viendront applaudir Richard, Johnny, Danyel (Gérard), Sylvie et Dick le 23 Juin 1963, Place de la Nation. La polémique entre yéyés et "croulants" fera rage le lendemain. Quelques incidents et une certaine presse ira jusqu'à dire que la jeunesse est "sous mauvaise influence". Daniel Filipacchi répondra : "aucune formation politique n'a jamais réussi à mobiliser une telle armée de moins de 20 ans. Voilà pourquoi nous sommes attaqués !"

L'émission trouvera son prolongement dans un magazine "SLC" dirigée par Franck Ténot et Daniel Filipacchi aidés de deux jeunes photographes : Jean-Marie Périer et Tony Franck.

Vous vous souvenez de la photo : LA PHOTO de 1966 réunissant toutes les idoles du moment.

Ah! toute une époque que "SLC Salut les copains".

Allez quelques tubes pour terminer : "Biche, ô ma biche" - "Retiens la nuit" - "Et j'entends siffler le train" - "Comme un garçon" - "Aline" - "Céline" - "les élucubrations" ..................

19 octobre 2009

L'arabe

Hier soir, j'ai réécouté Serge Reggiani dans l'Arabe. Que cette chanson est belle !!! Je n'ai pu résister au plaisir de vous la faire découvrir ou redécouvrir ....

Je t’ai trouvé dans le sable
T’étais au bout du rouleau
J’allais quand même pas, l’arabe

Passer sans te donner d’eau
T’es bien le premier arabe
A qui j’ai donné de l’eau

Quitte a faire la route
Sous ce soleil là
Après tout

Fini le roumi
Et fini le crouia
On est deux pauvres croûtes

Dans le Sahara
Dans quatre ou cinq lunes
La ville jaillira Jaillira !

Derrière la dune
Que tu vois là bas
Derrière la dune
Que tu vois là bas

On a marché dans le sable
Deux jours sans se dire un mot
Mais quand j’ai flanché, l’arabe

Tu m’as porté sur ton dos
T’es bien le premier arabe
Qui me porte sur son dos

Harassés de tempête
On s’est écroulés
Épuisés

El là, comme deux bêtes
On s’est enroulés
Dans la même veste
Sous le vent glacé

Regarde l’arabe
Bon dieu pince-moi
Lève-toi

C’est elle, c’est la ville,
debout fainéant
Dans mes bras, l’arabe
Nous sommes vivants

On est arrivés, l’arabe
L’amitié s’arrête ici
On s’est séparés sans larmes

A peine adieu et merci
Mais tu as changé, l’arabe
Quelque chose dans ma vie

Bonne matinée ..... et n'hésitez pas à la chanter .

18 octobre 2009

"Bon-iou Worou" ....

Ne vous moquez pas .... c'est seulement pour vous faire sourire que je vous rapporte cette anecdote.

C'était à la fac ... en cité U. Nous étions en licence ou maîtrise d'électronique et il y avait Worou.

Worou, c'était un africain d'un petit village d'une petite tribu ...

Là-bas, son oncle était "grand sorcier" du village ... c'était un notable ... et Worou espérait revenir au pays, une fois ses études terminées. Il serait lui aussi un notable mais non plus au niveau de la tribu mais du pays ... qui sait peut-être ministre ...

A la fac, personne ne lui parlait ou alors c'était pour se moquer ... Les africains le snobaient - il était pauvre Worou et n'était pas issu d'une famille. Les blancs l'ignoraient ... il était noir.

Nous étions quatre ou cinq à lui parler. Nous l'aimions bien et il nous le rendait bien.

Il travaillait touiou, nuit et iou .... oui il avait quelques difficultés avec les R et, entre nous, cela nous arrivait bêtement de l'imiter.

Un soir, il était dans la chambre d'un des notres. Et moi, j'arrive un peu plus tard et qu'est ce qui m'a pris : je me mets à gratifier chacun d'un bon-iou Iean-Louis, bon-iou Iean-Claude .... et arrivé à lui "bon-iou Worou" . Tout le monde était prêt à éclater de rire et lui, trés sérieusement, il me répondit "Bon-iou Michel..."

Je vous disais qu'il travaillait continuellement et oui, le pauvre ... un jour, il a appris un problème par coeur. Le lendemain, au partiel, nous avons eu ce problème mais les données avaient changé et Worou, il a retranscrit mot à mot le problème qu'il avait apprit ... et il fut gratifier d'un 2 ou 3 pour le travail fourni.

Je ne sais ce qu'il est devenu et si le hasard fait que tu prennes connaissance de ce billet, alors : bon-iou Worou .... 

17 octobre 2009

Journées de l'Alimentation et la Misère

Hier, c'était la Journée mondiale de l'Alimentation

En 2010, 1,02 milliards d'individus soit un habitant de la planète sur six a le ventre vide.

C'est 105 millions de plus que l'an dernier.

Dans le monde, comment se répartissent-ils ?

  • 15 millions dans les pays développés
  • 42 millions au Proche-Orient et en Afrique du Nord
  • 53 millions en Amérique latine et aux Caraïbes
  • 265 millions en Afrique subsaharienne
  • 642 millions en Asie pacifique.

La crise (elle est extraordinaire cette crise, elle ne touche que les plus dèmunis ...) et le manque de solidarité aggravent la situation.

La France ... et bien savez-vous que le pourcentage de l'aide publique au développement (ADP) de la France est ce 0,39 % du PIB alors que les engagements internationaux sont fixés à 0,7 %.

Paul Smith Lomas, d'Oxfam International pour l'Afrique de l'Est, le dit : "Des gens survivent avec deux litres d'eau par jour dans certains endroits".

Et pourquoi tous ces propriétaires de piscine ne s'acquitteraient ils pas d'une taxe pour venir en aide à ces gens-là ?

La sécheresse menace : le Kenya, l'Ethiopie, la Somalie, l'Ouganda, le Soudan, Djibouti et la Tanzanie - 20 millions de personnes y dépendent de l'aide alimentaire.

Des centaines de milliers de troupeaux sont en train de mourir et nous, nous déversons du lait, des patates, des carottes ... sur les places publiques ....

Aujourd'hui, c'est la Journée mondiale du refus de la misère et le 20° Anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant.

En France :

  • 300.000 enfants vivent dans l'errance
  • 130.000 adolescents sortent de l'école sans diplôme ni formation
  • 150.000 enfants sont séparés de leur famille
  • ...

Pour terminer (ce matin, je suis un peu long), je vous transmets le message d’Eugen Brand, Délégué Général du Mouvement international ATD Quart Monde à l'occasion de cette Journée mondiale du refus de la misère :

« Nos pays vont se retrouver sous l’eau » criaient ces jours des familles d’Asie obligées de vivre depuis toujours dans des zones les premières envahies par la furie des crues.

Typhons, tremblements de terre emportent ici les maisons, laissant des millions d’enfants et leurs parents affronter les éléments à mains nues. Et quand l’eau se retire, lorsque la boue aveugle recouvre les quartiers, les médias deviennent sourds, et dans les plaintes muettes fermente une violence causée par un trop-plein de malheur et d’injustices.

« Pourquoi ce sont toujours nos maisons qui sont détruites ? » alors que d’autres se réservent les zones protégées ?  « Quand je serai grand j’irai casser leur maison. » Des voix de mères s’élèvent : « Dans la tête et dans le cœur de nos enfants, nous voulons mettre autre chose que de la colère ». Dans cette époque secouée par tant de crises, écologique, énergétique, alimentaire, économique, financière, sociale, entendons-nous ces enfants et leurs parents ?

En ces jours où, sous couvert de lois aveugles et de frontières toujours plus infranchissables, l’arrogance des uns chasse les autres, au mépris de leurs droits essentiels, nous voulons, avec tous ceux qui défendent la dignité de chacun, être porteurs d’une histoire nouvelle reliant les générations, les communautés et les pays. Une histoire où le respect entre humains et le respect envers la terre se nourriront enfin, inséparablement.

En cette année du vingtième anniversaire de la convention des Droits de l’enfant, ce sont eux, les enfants, qui nous entraînent dans un monde habité par la confiance.

Nous sommes témoins que, par une infinité de gestes concrets, ils s’associent déjà avec des jeunes et des adultes, inventant des solidarités inédites. Des solidarités qui ne consistent pas seulement à conquérir sur la mer des hectares de bien-être pour quelques-uns, mais à gagner pour tous des espaces de terre ferme où s’expérimente un savoir vivre ensemble qui ne veut laisser personne de côté.

Ce n’est pas l’amnésie forcée ou le silence sur les atrocités endurées par les grands qui pourront libérer les enfants de la colère et leur offrir la terre d’avenir qui leur revient. La terre ferme à laquelle ils ont droit produit la fierté d’hériter du courage de leurs aînés pour tenir tête à l’humiliation et au manque de tout.

Dans le champ de toutes les générations, travaillons à cette culture d’un nouveau savoir-vivre ensemble où la mémoire et l’honneur restitués préservent du déchirement les liens familiaux et communautaires.

Cultivons ce savoir-vivre ensemble qui empêche de sombrer dans une solitude que la culpabilité gangrène.

Sur cette terre d’avenir pour les enfants, pour tous, cultivons les champs où chacune et chacun peut se reconnaître membre à part entière d’une humanité libérée de la peur d’affronter les injustices auxquelles il lui appartient de mettre fin.

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