Où va la protection de l’enfance ?
Si l’on en croit Mme Dominique Versini, la défenseure des enfants, dans son dernier bilan d’activité (vu que cette mission relèvera désormais du futur défenseur des droits), on peut,malheureusement,déplorer des « reculs » et des « insuffisances » dans la politique protection de l’enfance du gouvernement.
Cette institution a traité 25.000 cas d’enfants en onze ans et Mme Versini, en poste depuis 2006, a vainement lutté ces derniers mois pour que cette institution reste indépendante.
Aujourd’hui, elle va exposer son bilan ainsi qu’un rapport thématique sur les enfants atteints de cancer. Ce bilan "les reculs et les insuffisances" de la politique suivie ces dernières années "au regard de la convention internationale des droits de l'enfant [CIDE]", ratifiée par la France en 1990 met en lumière des évolutions contraires à l’esprit de la CIDE de l'ONU, notamment en matière de justice des mineurs ou de traitement des enfants étrangers isolés, des enfants roms ou des enfants placés avec leur famille en centre de rétention.
Son bilan est vraiment triste. Il met en avant les difficultés des enfants étrangers qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière. Mme Versini critique les "reculs successifs de la justice des mineurs" depuis cinq ans, conduisant à une sévérité accrue "alors que tant le Conseil constitutionnel que la CIDE imposent que prime l'éducatif sur la réponse répressive".
"Force est de constater, dit-elle dans un communiqué, que les pouvoirs publics ont rejeté toutes les recommandations de la défenseure des enfants qui pouvaient être un frein aux objectifs de réformes restrictives dans les domaines régaliens (immigration, justice des mineurs)."
Il faut savoir que la pauvreté concerne plus de deux millions d’enfants en France. Oui, vous avez bien lu 2.000.000 d’enfants dont 600.000 de mal logés.
Elle dénonce également le fait que le gouvernement "avait un objectif de réduction de la pauvreté d'ici 2012". "La loi sur la protection de l'enfance de mars 2007 ne produit pas les effets attendus en termes de prévention et d'accompagnement, ce qui augmente les risques de placements d'enfants à l'aide sociale à l'enfance pour cause de précarité", poursuit-elle.
Autre constat amer : "La scolarité des enfants handicapés reste un parcours du combattant dans le milieu scolaire ordinaire ou dans les structures adaptées."
En conclusion : peu de « bons points » décernés au gouvernement.
Alors que peut-on espérer de cette nouvelle institution « le défenseur des droits » qui va regrouper le défenseur des enfants, le médiateur de la République, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité et la commission nationale de la déontologie de la sécurité ?
Cette « charmante institution » doit voir le jour dans un semaine et l’on n’en connait pas encore les dirigeants !!!
Cela n’est peut être pas très important, Mr Le Président. Considérez-vous ce poste seulement honorifique ?
Et l’avenir de nos, de vos enfants …. C’est un gadget ?
P.S : cet article est très largement inspiré d’un billet paru sur lemonde.fr