Ils disparaissent petit à petit et quand ils existent encore, ils n'ont que très rarement le charme des marchés d'autrefois.
Dans les régions touristiques, on continue à les faire survivre mais il manque souvent le côté naturel et surtout la verve des chalands.
Je me souviens de celui de Villefranche de Rouergue au début des années 80 :
Une place au milieu de la ville. Et, sur cette place, toutes les fermières des environs étaient réunies, avec leur accent si sympathique, pour vendre leur production.
Les produits - quelques légumes, des fruits de saison, des oeufs, du fromage, des champignons ... - étaient exposés sur une table rudimentaire ou sur le pavé même de la place. Vous ne saviez pas toujours qui était la ou le responsable de l'étal.
Vous désiriez un kilo de carottes et il en restait 1,100 kg : "Allez je vous mets le tout pour le même prix"
Et les carottes, ah ! pas toutes lisses ni d'un orange bien orangé, elles avaient encore de la terre, leurs fanes ............ enfin c'étaient des carottes.
Et autrefois, sur les marchés et les foires, on pouvait découvrir le camelot qui faisait tout pour vous attirer.
Je me souviens encore du marchand de vaisselle de Limoges. Il avait du Limoges mais il avait aussi de la faïence de ... . Peu importe, il savait attirer l'attention :
"Pour 5 francs, oui ma bonne dame, pour 5 Francs, je te mets ces 4 bols, avec les 4 assiettes et puis ce petit pot à lait. Tiens parce que c'est toi, je rajoute le sucrier. Et allez, je ne vous demande pas 5 francs, ni 4 mais 3 francs. Alors, Louise tu te laisses tenter ... ah non pas 2 francs il faut être raisonnable. Allez, pour toi 3 francs et la salière en cadeau."
Parfois de colère (quel comédien !!! ) il cassait les assiettes plutôt que de les vendre à trois francs six sous ... mais, si je me rappelle bien, elles n'étaient pas en porcelaine ces assiettes là.
Ah, les petits marchés .... maintenant on va au supermarché acheter des fruits et légumes provenant directement des chambres froides et un bon camembert pasteurisé ......