Hier, c'était la Journée mondiale de l'Alimentation
En 2010, 1,02 milliards d'individus soit un habitant de la planète sur six a le ventre vide.
C'est 105 millions de plus que l'an dernier.
Dans le monde, comment se répartissent-ils ?
- 15 millions dans les pays développés
- 42 millions au Proche-Orient et en Afrique du Nord
- 53 millions en Amérique latine et aux Caraïbes
- 265 millions en Afrique subsaharienne
- 642 millions en Asie pacifique.
La crise (elle est extraordinaire cette crise, elle ne touche que les plus dèmunis ...) et le manque de solidarité aggravent la situation.
La France ... et bien savez-vous que le pourcentage de l'aide publique au développement (ADP) de la France est ce 0,39 % du PIB alors que les engagements internationaux sont fixés à 0,7 %.
Paul Smith Lomas, d'Oxfam International pour l'Afrique de l'Est, le dit : "Des gens survivent avec deux litres d'eau par jour dans certains endroits".
Et pourquoi tous ces propriétaires de piscine ne s'acquitteraient ils pas d'une taxe pour venir en aide à ces gens-là ?
La sécheresse menace : le Kenya, l'Ethiopie, la Somalie, l'Ouganda, le Soudan, Djibouti et la Tanzanie - 20 millions de personnes y dépendent de l'aide alimentaire.
Des centaines de milliers de troupeaux sont en train de mourir et nous, nous déversons du lait, des patates, des carottes ... sur les places publiques ....
Aujourd'hui, c'est la Journée mondiale du refus de la misère et le 20° Anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant.
En France :
- 300.000 enfants vivent dans l'errance
- 130.000 adolescents sortent de l'école sans diplôme ni formation
- 150.000 enfants sont séparés de leur famille
- ...
Pour terminer (ce matin, je suis un peu long), je vous transmets le message d’Eugen Brand, Délégué Général du Mouvement international ATD Quart Monde à l'occasion de cette Journée mondiale du refus de la misère :
« Nos pays vont se retrouver sous l’eau » criaient ces jours des familles d’Asie obligées de vivre depuis toujours dans des zones les premières envahies par la furie des crues.
Typhons, tremblements de terre emportent ici les maisons, laissant des millions d’enfants et leurs parents affronter les éléments à mains nues. Et quand l’eau se retire, lorsque la boue aveugle recouvre les quartiers, les médias deviennent sourds, et dans les plaintes muettes fermente une violence causée par un trop-plein de malheur et d’injustices.
« Pourquoi ce sont toujours nos maisons qui sont détruites ? » alors que d’autres se réservent les zones protégées ? « Quand je serai grand j’irai casser leur maison. » Des voix de mères s’élèvent : « Dans la tête et dans le cœur de nos enfants, nous voulons mettre autre chose que de la colère ». Dans cette époque secouée par tant de crises, écologique, énergétique, alimentaire, économique, financière, sociale, entendons-nous ces enfants et leurs parents ?
En ces jours où, sous couvert de lois aveugles et de frontières toujours plus infranchissables, l’arrogance des uns chasse les autres, au mépris de leurs droits essentiels, nous voulons, avec tous ceux qui défendent la dignité de chacun, être porteurs d’une histoire nouvelle reliant les générations, les communautés et les pays. Une histoire où le respect entre humains et le respect envers la terre se nourriront enfin, inséparablement.
En cette année du vingtième anniversaire de la convention des Droits de l’enfant, ce sont eux, les enfants, qui nous entraînent dans un monde habité par la confiance.
Nous sommes témoins que, par une infinité de gestes concrets, ils s’associent déjà avec des jeunes et des adultes, inventant des solidarités inédites. Des solidarités qui ne consistent pas seulement à conquérir sur la mer des hectares de bien-être pour quelques-uns, mais à gagner pour tous des espaces de terre ferme où s’expérimente un savoir vivre ensemble qui ne veut laisser personne de côté.
Ce n’est pas l’amnésie forcée ou le silence sur les atrocités endurées par les grands qui pourront libérer les enfants de la colère et leur offrir la terre d’avenir qui leur revient. La terre ferme à laquelle ils ont droit produit la fierté d’hériter du courage de leurs aînés pour tenir tête à l’humiliation et au manque de tout.
Dans le champ de toutes les générations, travaillons à cette culture d’un nouveau savoir-vivre ensemble où la mémoire et l’honneur restitués préservent du déchirement les liens familiaux et communautaires.
Cultivons ce savoir-vivre ensemble qui empêche de sombrer dans une solitude que la culpabilité gangrène.
Sur cette terre d’avenir pour les enfants, pour tous, cultivons les champs où chacune et chacun peut se reconnaître membre à part entière d’une humanité libérée de la peur d’affronter les injustices auxquelles il lui appartient de mettre fin.