Que faites-vous ce week-end ? Je ne sais pas encore mais je sais où je n’irai pas … Au salon de la mort.
Non, ce n’est pas une nouvelle attraction de je ne sais quel parc.
Non, ce n’est pas le dernier film du festival d’horreur de je ne sais où.
C’est tout simplement un salon qui se tient au Louvre tout ce week-end.
Un salon plein de vitalité, nous dit sa créatrice et surtout plein d’imagination. On peut parait-il y aller en famille et entre amis. J’imagine, très bien la scène. Après le traditionnel repas dominical, on emmène grand-maman, grand-papa et les petits enfants et on va aller voir ce qui se fait de bien pour la future « destination » des grands-parents. Super dimanche !
Toutes les compagnies d’assurances, toutes les entreprises de pompes funèbres (ça pour vous pomper votre fric, elles en connaissent un rayon) seront présentes ainsi qu’une multitude de services étrangers.
Les sociétés de pompes funèbres, voilà un métier porteur (c’est vrai, cela se termine toujours avec des porteurs !!!). Vous venez de perdre un être qui vous était en général cher. Et, vous voilà en face du vendeur qui prend l’air de circonstance … ni trop, ni pas assez, juste ce qu’il faut pour vous mettre en confiance. Et c’est parti, pour l’addition …
Une petite toilette, un petit système de refroidissement (quoique, il est déjà froid ... mais il faut bien le conserver !!!) … je suis horrible, aujourd’hui … mais telle est l’attitude que j’ai décidé de prendre à la vue de ces articles.
Reprenons donc notre check-list, cimetière, crématorium, obsèques civiles ou religieuses, fleurs (ah ! vous avez un fleuriste … bien … on peut vous proposer des pétales à disperser … c’est vrai, cela serait sympa …), annonce du décès par la presse et plein de petits trucs.
Et maintenant, le cercueil, voilà le modèle de base (ah quand même le bois est cher cette année !) mais c’est vraiment basique sinon nous avons … Le prix ne comprend pas les poignées … il faudra bien le porter le cercueil ! Et puis, il faudra un drap ou linceul …
Bref, cela vous fera …. Vous le découvrirez dans le somptueux dossier que l’on vous offre avec le stylo.
Et si vous n’avez pas les moyens financiers … on procède comment ?
Sommes-nous égaux devant cette putain de mort ? NON.
Déjà, durant toute votre vie, l’égalité est un vain mot.
Devant la maladie et les soins, il y a plusieurs « vitesses »
Et le jour de votre mort, cela continue …
Ecoutons ce que nous dit Anne Géron, fondatrice de la société Hommages : « Tout comme un wedding planner, nous proposons d'imaginer des funérailles à l'image de votre vie, Après une interview de deux heures, on rédige un livret de vœux à remettre aux proches. On peut vouloir tapisser le cercueil avec les branches d'un arbre qu'on aimait ou organiser un lâcher de papillons. »
Pour votre gouverne, un wedding planner, c’est ce qui concerne les mariages féériques. C’est vrai, il ne faut rater sa sortie !
Il existe aussi le cyberhéritage comme 2day4ever qui promet de transmettre vos messages post-mortem ; « Ce qui cartonne, c'est le coffre-fort numérique, assure Stéphanie Belland, la fondatrice du site. On y glisse tous ses documents importants, identifiants Internet ou emplacement du bas de laine, qui sont fournis aux héritiers après le décès. Cela leur permet par exemple de fermer la page Facebook du défunt. »
Et j’en passe et des meilleures : la pierre tombale en forme de cœur, le cercueil orné de roses peintes, l’urne en forme de coquillage ou en coton biodégradable ou en sel à jeter à la mer, des pierres tombales qui s’éclairent grâce à des panneaux solaires …. Il y a même des sculptures à base d’os (non ! pas avec les os de mamie …).
Il parait même qu’il ya des friandises en chocolat … ce sont des squelettes.
Les exposants vous l’affirment : la mort, ce n’est pas grave. Seul problème, on ne s’en remet pas …
Ah ! Comme le chantait Georges Brassens :
« Mais où sont les funéraill’s d’antan?
Les petits corbillards, corbillards, corbillards, corbillards
De nos grands-pères
Qui suivaient la route en cahotant
Les petits macchabées, macchabées, macchabées, macchabées
Ronds et prospères
Quand les héritiers étaient contents
Au fossoyeur, au croqu’-mort, au curé, aux chevaux même
Ils payaient un verre
Elles sont révolues
Elles ont fait leur temps
Les belles pom, pom, pom, pom, pom, pompes funèbres
On ne les r’verra plus
Et c’est bien attristant
Les belles pompes funèbres de nos vingt ans
… »