Education Nationale ... où vas-tu ?
Oui, où vas-tu ? Quand on feuillette la presse, cette semaine, il y a de quoi se poser des questions.
- Un enseignant en commission de discipline.
- Un lycéen suspendu sauf si ...
Erwan Redon, enseignant en primaire à Marseille, est convoqué pour une commission disciplinaire. Pourquoi ? Officiellement pour "insuffisance professionnelle" : expression suffisamment vague pour permettre l'arbitraire. C'est un désobéisseur, Erwan. Il refuse, comme beaucoup de ses collègues, de participer à la mise en oeuvre des nouveaux programmes (suppression des RASED au bénéfice des stages de remise à niveau). Mais, les désobéisseurs accompagnent leur acte d'une intense réflexion pédagogique, de dialogues avec les parents et de propositions tout en assurant leur service. D'ailleurs, ce mouvement s'amplifie au niveau national et la répression varie selon les académies. Erwan, il n'a pas de chance, dans les Bouches du Rhône, la hiérarchie a décidé de les mater.
C'est vrai qu'il a refusé (comme une note de service du 13 décembre 1983, publiée au BO du 20 décembre, lui autorise) l'inspection.
Fin 2006, on lui refuse l'organisation d'une classe de neige.
Il sera suspendu. On lui ponctionnera 32 jours de salaire !
Et, aujourd'hui, parce qu'il pense différemment, Erwan risque de perdre son emploi !
Au lycée Maurice Ravel (Paris 20°), le jeune Tristan se voit refuser son inscription en terminale par son proviseur. Tristan est un bon élève (14-15 de moyenne en première E.S). Oui, mais il fut un des représentants du mouvement lycéen et appela au blocage. Le proviseur a donc décidé que Tristan ne pourrait s'inscrire dans l'établissement qu'à la condition de s'engager par écrit à ne plus bloquer le lycée et à ne plus prendre part à des actions revendicatives.
Si vraiment il a commis une faute, n'existe t'il pas un conseil de discipline ? Le proviseur indique, à Rue89 : "Quant au conseil de discipline, vous imaginez bien que c'est complexe à installer en pleine mobilisation, et encore faut-il en maîtriser l'issue".
Pauvre Education Nationale .... Voilà du boulot pour Mr Luc Chatel ..............