Pour une fois, à la télévision ...
Mardi dernier, une agréable surprise : un téléfilm d'Yves Boisset sur "l'Affaire Salengro".
Un spectacle de qualité - une très bonne interprétation de Bernard-Pierre Donnadieu et de ses collègues comédiens - un sujet intéressant.
La presse, certes, est et doit rester libre mais, en contrepartie, ne doit-elle pas respecter quelques règles élémentaires et surtout les personnes ?
Roger Salengro est un pur Lillois : il est né à Lille en mai 1890 et, malheureusement, y décédera en novembre 1936.
Etudiant à la faculté des Lettres de Lille, il adhérera à la S.F.I.O et sera un militant fougueux qui n'hésitera pas à porter la contradiction dans les meetings de la droite.
Il effectuera son service militaire et sera fait prisonnier durant trois ans lors de la première guerre mondiale.
Journaliste, il sera conseiller municipal et conseiller général de Lille avant d'en devenir Maire de 1925 à la fin de ses jours.
Député, Léon Blum le prendra dans son gouvernement et en fera son ministre de l'Intérieur. C'est en tant que ministre du Front populaire qu'il annoncera la signature des accords de Matignon.
Cet accord se concrétisera par des hausses de salaires importantes surtout pour les bas salaires et les femmes (ce qui allait de paire). Ce fut également les 40 heures par semaine et les congés payés.
Mais, Roger Salengro s'attaqua également (et pour son malheur) à la presse d'extrême-droite et aux ligues ce qui lui valut les foudres des journaux d'extrême-droite comme Gringoire et l'Action française : ils l'accusèrent d'avoir déserté.
Malgré les démentis officiels et le vote des députés (427 sur 530) lui accordant leur soutien, l'extrême-droite n'eut de cesse de le calomnier.
Le 17 novembre 1937, Roger Salengro rentrera chez lui et ouvrira le robinet de la gazinière. Sur sa table, deux exemplaires du Gringoire et deux lettres : l'une à Léon Blum et l'autre à son frère.
Il a écrit :
"S'ils n'ont pas réussi à me déshonorer, du moins porteront-ils la responsabilité de ma mort"
Et, aujourd'hui, en 2009, des membres de cette extrême-droite osent placarder des affiches annonçant : si Roger Salengro était encore du monde, il voterait Front National"
Quelle honte : détourner la pensée d'un défunt ........... c'est proprement scandaleux.
Et, ils ont également associé le nom de Jean Jaurès à cette campagne .........