Et oui, le grand sommet de Copenhague a fait plouf .... Que pouvait-on vraiment espérer ? Et pourtant ce fut un grand sommet, peut-être le plus grand de notre histoire : 120 chefs de gouvernement - 193 délégations. Mais cela n'a pas suffit ou peut-être étaient-ils trop nombreux ?
Les intérêts des uns n'étaient sûrement pas les intérêts des autres !!!
L'accord de Copenhague ne répond ni aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés recommandés par la science (de -25 à -40% en 2020 par rapport à 1990), ni aux objectifs de long terme pour l'ensemble de la planète (- 50% en 2050). Et surtout, il omet de fixer un calendrier jusqu'à la conclusion d'un traité contraignant, espéré courant ou fin 2010 dès lors qu'il était évident qu'un "Protocole de Copenhague" n'était plus à portée.
Et notre petit Nicolas dans tout cela ? Oh, comme le chante si bien Charles Aznavour : "Je me voyais déjà ..." Oui, il se voyait déjà le "Grand Gourou de l'Ecologie". Et paf .. c'est raté ... il aura tout essayé ... il aura fait ami ami avec tous mais rien n'y fit.
Alors, il est agacé. Il aurait voulu un vote majoritaire et non un consensus ... un vote majoritaire permet d'imposer alors qu'un consensus ....
D'ailleurs son ministre de l'Industrie n'a-t'il pas déclaré samedi :
« Comme le Président (Nicolas Sarkozy) l'a indiqué lui-même, à 120 nations, un système fondé sur le consensus ne permettra jamais d'aboutir à des avancées significatives. »
Et au fait, Mr Estrosi, ce n'est pas 120 nations qui "planchaient" à Copenhague mais 192. Alors, naturellement, si vous recherchez un consensus en éliminant déjà 72 nations, excusez l'expression : "on est mal barré"
En fait, ce n'est pas le consensus qui a fait clapoté le sommet, et sur ce point, je rejoindrais l'analyse de Pierre Hazki sur Rue89 : "c'est l'incapacité des plus puissants à s'entendre et à « vendre » ensuite leurs compromis au plus grand nombre. Si ceux qui pèsent le plus, les plus gros pollueurs du monde industriel (Etats-Unis, Union européenne) et les principaux pays émergents (Brésil, Chine, Inde) avaient pu trouver un terrain d'entente significatif, le sommet ne se serait pas achevé sur un tel sentiment de débâcle."
Et que vont devenir tous ces pays d'Afrique qui souffrent déjà terriblement de la sécheresse ? L'on comprendra aisément l'appel lancé, à mi-chemin du sommet, par la chanteuse béninoise Angélique Kidjo :
"J'espère que cela va donner quelque chose, parce que si cela ne donne rien du tout, moi, je sais qui sont les gens au pouvoir en ce moment, je ne risque pas d'oublier leurs têtes".